Zone de Police des Arches, droit de réponse

CP
Suite aux différentes déclarations faites par voie de presse de tout ordre par Monsieur Claude Eerdekens, Bourgmestre et Président du Collège de Police de la zone des Arches et ce depuis le 03 mars 2016, notre organisation syndicale souhaite réagir. 
Tout d’abord, notre organisation syndicale souhaite sincèrement un prompt rétablissement à Monsieur Nihoul, blessé en tout état de cause lors des évènements du jeudi 03 mars. S’il devait s’agir d’un acte volontaire, nous ne pourrions le cautionner et le condamnons fermement.
Nous assumons pleinement les moyens de protestations déployés ce jour-là, à savoir, les coups de sifflets, l’usage d’un mégaphone et de pétards. Ces moyens d’expression sont importants à nos yeux afin de nous faire entendre dans des situations particulièrement précaires pour la sécurité des collègues de la zone de police des Arches, mais surtout, pour la population. En effet, celle-ci est en droit de s’attendre à un service de police (public) qualitatif et quantitatif.
Depuis plus d’un an maintenant, les collègues et les partenaires sociaux ne sont plus entendus et menés par le « bout du nez ». Le Président du collège de police s’obstine à ne pas réaliser ses engagements de 2014. Pire, pourtant confronté à un niveau de service qui diminue constamment mais sûrement en capacité opérationnelle et à des collègues présentant des problèmes de santé évidents, le Président de la zone n’a qu’une seule réplique : le travailleur policier coûte cher.
Enfin, cerise sur le gâteau, nous lisons et entendons que selon Monsieur Eerdekens, les policiers / syndicalistes présents jeudi soir étaient manifestement ivres ou sous l’emprise de boissons alcoolisées, des dégénérés, voire même, qu’il aurait fait l’objet d’une véritable séquestration.
A tout ceci, la CSC Services Publics répond :

L’effectif et les budgets :

Nos collègues sur place le savent, nous le savons : l’effectif minimal attendu pour la zone de police a été fixé à 93. La zone de police reçoit des subsides fédéraux en ce sens, quoiqu’en dise Mr Eerdekens. La zone a terminé l’exercice 2015 avec un bénéfice de plus de 450.000 euros.
Le collège de police s’est engagé en décembre 2013 ( !!) à recruter du personnel policier supplémentaire (suite à un premier préavis de grève – retiré finalement). Malgré un budget suffisant, le Président du Collège de Police refuse donc d’engager du personnel policier afin de tendre vers la norme minimale de 93. D’année en année, l’effectif réel descend et l’autorité n’investit pas, volontairement. A l’heure actuelle, l’effectif réel est passé à 88 et pourrait descendre à 85 (scénario le plus pessimiste) si rien n’est fait, soit un déficit de 5 à 8 policiers en dessous du seuil minimal. Dès lors, nous ne pouvons que constater, à regret, que l’autorité semble organiser structurellement le déficit en personnel policier de sa propre zone. Ceci démontrerait également, à suffisance, le peu de considération que semble porter le bourgmestre (élu) envers un service de sécurité qualitatif et quantitatif pour ces concitoyens. Ils apprécieront.

Le coût :

Le Président de la zone de police a annoncé que les policiers coûtaient trop chers et étaient bien mieux payés que les autres employés communaux notamment. Premier constat de taille : Les policiers et les organisations syndicales qu’ils représentent ne peuvent en aucun être tenus responsables pour l’application correcte d’échelles de traitements imposées par le statut. Pour rappel, ces échelles de traitement ont été négociées lors de la réforme des polices, réformes des polices découlant de l’accord « Octopus » (co-signé par 8 partis politiques, dont le PS). Lui-même découlant, notamment, des travaux de la Commission « Dutroux ». Commission parlementaire dans laquelle Mr Eerdekens (PS) siégeait nous semble-t-il. Dès lors, il est interpellant de constater que Mr Eerdekens semble oublier l’Histoire, voire même s’insurger du coût des policiers, son parti (et indirectement lui-même) étant à la base de ce que fût la réforme des Polices. Comprenne qui pourra. Second constat de taille : nous regrettons, dès lors, que les échelles de traitement des ouvriers/employés communaux de la commune d’Andenne soient si basses : nous espérons qu’ils ne subissent pas, de surcroit, le même sort que celui réservé aux policiers en matière d’effectifs ( ?) !
La séquestration et les déclarations calomnieuses et diffamatoires : Personne n’est dupe : nous dénonçons avec force et détermination la relation des faits telle que décrite par Mr Eerdekens. A aucun moment, nous n’avons empêcher la sortie des élus présents dans l’administration communale. Au contraire, nous avons proposé en accord avec le chef de Corps présent, de laisser sortir les élus (estimant que tout ceci devenait ridicule) afin que tout le monde puisse rentrer chez soi le plus rapidement possible.
Ces demandes ont toujours reçu une fin de non-recevoir de la part de Mr Eerdekens. Constat : il organisait lui-même sa propre séquestration et celle de ses collaborateurs ( ?!). Sur le dos « budgétaire » des concitoyens in fine. Surréaliste.
Nous condamnons également avec force les propos désobligeant, diffamatoires, calomnieux et insultant tenus par le Président du collège de police à notre égard (policiers et syndicalistes policiers) au matin du vendredi 04 mars 2016 sur les ondes notamment. Profondément choquant et jetant le discrédit sur l’ensemble des personnes présentes au soir du 03 mars 2016 et les travailleurs que nous représentons. 
Tout ceci témoigne parfaitement du quotidien des collègues et des représentants syndicaux lors de la concertation sociale : manipulation, mensonge et mépris. Regrettable. Le Président du collège de police tente dès lors de détourner l’attention du vrai débat de fond : le manque d’investissement en effectif pour sa zone de police. Nous noterons, au passage, l’analogie faite par Mr Eerdekens avec la zone de police de Charleroi : désinvestissement organisé et structurel en matière d’effectif policier. Un exemple qu’il tente de suivre ? Mr Eerdekens, Président du Collège de Police, estimant ne plus vouloir/devoir discuter avec des « voyous » et rompre ainsi le dialogue social (qui n’a jamais réellement existé), nous l’avons dès lors invité ce jour, en front commun (CSC – SLFP – SNPS) au moyen d’un préavis de grève, à venir négocier entre personnes dites « responsables » dans la dignité, le respect et ainsi, démontrer sa réelle capacité/volonté à trouver une solution dans ce dossier.