Cinq années d'austérité !

Maintenant que l'accord gouvernemental est disponible, la FSCSP clarifie sa première réaction.

Le service n'est plus garanti

Les années à venir s'annoncent rudes pour les travailleurs du secteur public. Ils ne subiront pas seulement les conséquences des décisions gouvernementales générales, comme tout citoyen, mais ils subiront aussi la volonté du gouvernement de réaliser en premier lieu des économies au niveau de la fonction publique. Comment ? En s'attaquant aux effectifs du personnel et aux moyens de fonctionnement des services publics.
On semble ignorer qu'il s'agit d'emplois, de personnes, de familles. On semble ignorer que le citoyen subira les inconvénients au niveau de la prestation de services. L'option de réduire d'un trait les frais de fonctionnement 2015 de certains organismes fédéraux de près de 20% (pour les réduire encore davantage après), n'est pas réaliste et est disproportionnée.
Les réductions de l'effectif du personnel annoncées ne sont pas réalistes, à moins que l'effet de la réforme institutionnelle soit inclus. Nous demandons au gouvernement fédéral la garantie qu'aucun licenciement sec n'interviendra et que l'effectif du personnel corresponde aux besoins.

Un saut d'index contre-productif

La FSCSP est lourdement déçue de la décision d'appliquer un saut d'index. Ces dernières années, nous avons tout fait pour éviter que l'on touche au salaire des travailleurs. Aujourd'hui, on prive tous les travailleurs de pas de moins de 2% de leur salaire. Cela correspond à quelque 600 euros par an pour le reste de leur carrière, ce qui réduit à néant l'argument du gouvernement quant à un avantage fiscal. Pour le personnel des services publics fédérés et pour le personnel de l'enseignement, cette mesure vient en plus se greffer sur les économies décidées par les gouvernements régionaux.
A un moment où l'économie frôle la déflation, un saut d'index est économiquement contre-productif parce qu'il touche le pouvoir d'achat des citoyens.
Pour nous, il est en outre le symbole par excellence de la répartition déséquilibrée des efforts imposés par le nouveau gouvernement à la population.

Travailler plus longtemps pour une pension plus basse

Les mesures décidées dans l'accord gouvernemental dans le domaine des pensions, démontrent que la spécificité du régime des pensions du secteur public est sapée.
Alors que jusqu'à présent, on demandait aux travailleurs de travailler plus longtemps, aujourd'hui on leur demande de travailler encore plus longtemps pour une pension plus basse!
C'est une dure réalité qui manque de tout fondement. Le rapport de la commission d'experts, auquel renvoie le gouvernement, était plus prudent parce qu'il soulignait que plusieurs hypothèses et paramètres devaient encore être examinés. Le nouveau gouvernement ne s'en soucie guère et prend des décisions à court terme qui seront lourdes de conséquences pour tout le monde.
La soi-disant « extinction » de la bonification de diplôme dès 2015 est lourde de conséquences. Elle efface les garanties et les corrections obtenues lors des négociations avec le gouvernement précédent. Dans le secteur public, les interventions au niveau des assimilations constituent une discrimination étant donné qu'elles toucheront surtout les femmes. Les conditions plus sévères feront de sorte que dans quelques années, de nombreux travailleurs devront atteindre l'âge de 67 ans avant de pouvoir partir à la retraite. La non-valorisation des prestations contractuelles constitue un appauvrissement pour le personnel contractuel du secteur public qui est nommé plus tard par son employeur.
Il est évident que l'on a insuffisamment évalué les conséquences de certaines mesures. Même si l'accord gouvernemental stipule que ces mesures pourront faire l'objet d'une concertation, nous nous demandons si cela sera réellement le cas ou s'il s'agit simplement d'une belle formule. Le nouveau ministre des pensions devra rapidement nous éclairer.
La FSCSP mettra tout en oeuvre pour sauvegarder le régime des pensions du secteur public, qui est à l'heure actuelle, l'unique régime légal à part entière. Les personnes qui ont travaillé toute leur carrière, doivent pouvoir bénéficier d'une pension complète et décente.

Combinaison travail-famille

La FSCSP s'indigne aussi de voir que le nouveau gouvernement veut réduire les possibilités de combiner vie professionnelle et vie familiale. D'aucuns présentent les possibilités de travail à temps partiel ou d'interruption de carrière comme des « absences de luxe pour faire un tour du monde ». C'est méconnaître la réalité.
Ces régimes répondent à un besoin réel des travailleurs. L'actuelle approche sur la base d'une « interruption de carrière motivée » est d'une conception beaucoup trop stricte.
Si l'on veut qu'à l'avenir les travailleurs puissent travailler plus longtemps, il conviendra d'aménager les conditions de travail. Les nouveaux gouvernements souhaitent apparemment supprimer les leviers actuels pour y parvenir. Il est complètement illogique que l'on esquive ce débat.
La FSCSP veut convaincre tous les gouvernements du fait que ces options ne sont pas les bonnes.

Travail intérimaire

Nous constatons aussi que le nouveau gouvernement fédéral entend introduire le travail intérimaire dans le secteur public. Le travail intérimaire est toutefois une formule très coûteuse et par conséquent illogique si l'on veut réaliser des économies draconiennes.
Dans les semaines à venir, la FSCSP va mener une vaste campagne de sensibilisation et d'information quant aux options prises par le gouvernement. Nos instances se réuniront dans les jours à venir pour décider de notre position.