TTIP, feuilleton à rebondissements ?

La mobilisation contre le TTIP ne faiblit pas…

L’opposition syndicale et citoyenne aux grands accords de libre-échange ne faiblit pas. Le 18 avril 2015 fut même la journée mondiale d’opposition au TTIP. 734 actions ont été organisées : à Hawaii, en Argentine, aux USA, au Sénégal, au Pakistan, au Bangladesh, au Japon, en Corée, en Europe… à Madrid, à Paris, à Munich, à Vienne… et à Bruxelles, des citoyens issus de 5 continents ont clamé un « non » retentissant aux accords de libre-échange (TTIP/TAFTA, TPP, CETA…).
La collecte des signatures ICE STOP TTIP pour s’opposer à ces accords a recueilli des milliers de signatures… mais l’objectif des initiateurs est d’atteindre deux millions de signatures avant le 8 juin.
Du 8 au 10 juin le Parlement européen votera en effet une résolution… dont le contenu pourrait varier en fonction de l’intensité du mouvement d’opposition.

Et le politique commence à bouger

Les milieux politiques belges semblent bien avoir saisi les enjeux des accords de libre-échange et certains partis partagent les craintes citoyennes; quelques partis – dont les verts - étaient déjà longtemps à la pointe du combat.
Dès le 23 mars 2015, la Commission Finances du Parlement bruxellois votait un texte assez faible, après avoir cependant auditionné divers experts… les amendements déposés par divers groupes politiques semblaient devoir renforcer le texte mais finalement, la montagne a accouché d’une souris et le texte approuvé pour dénoncer le TTIP est bien en deçà de la résolution du parlement wallon.
Le Parlement wallon a en effet approuvé un projet de motion demandant la suspension des négociations sur un projet de traité transatlantique très controversé. Il exige de mieux baliser le mandat des négociateurs européens dans les domaines de la transparence, des normes sociales, sanitaires et environnementales, en prévoyant même des sanctions.
Il demande aussi l’exclusion des services publics et d’intérêt général de toute marchandisation. Il s’oppose à la clause visant à permettre à des juridictions privées de régler les différends entre l’Etat et les investisseurs. 
Cette résolution a été approuvée par la majorité PS-CdH avec l’appui du PTB. Le MR s’est abstenu car il voit dans le TTIP une opportunité pour les entreprises et l’emploi. Il pourrait revoir son attitude à l’issue des négociations. ECOLO s’est lui aussi abstenu car il jugeait que le texte était un « premier pas insuffisant ». Il souhaitait un signal plus musclé… 
Voilà un dossier aux enjeux essentiels pour les services publics et les citoyens, qui n’a pas fini de faire parler de lui. Comme quoi, le combat syndical ne se mène pas uniquement dans la rue !